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TDAH et troubles du sommeil - Pourquoi on a souvent tant de mal à s'endormir

  • 13 Temps de lecture min.
ADHS und Schlafstörungen - Warum Einschlafen oft so schwerfällt

Pourquoi les troubles du sommeil sont-ils si fréquents chez les personnes atteintes de TDAH ?

Si tu vis avec un TDAH, tu connais souvent très bien ce problème : la journée a été longue, tu te sens fatigué·e, et pourtant, le sommeil ne vient tout simplement pas. Au lieu de se calmer petit à petit, ton cerveau semble redoubler d’activité le soir venu. Les pensées tournent en boucle, de nouvelles idées surgissent, ou ton attention reste accrochée à un livre, une série ou ton smartphone. L’heure prévue de 22 h se transforme vite en minuit, voire plus tard. Les personnes concernées ne sont pas les seules à vivre ça. Les troubles du sommeil font partie des symptômes associés les plus courants du TDAH et touchent aussi bien les enfants que les adultes. Des études estiment que jusqu’à 80 % des personnes atteintes de TDAH souffrent parfois de problèmes de sommeil. Les causes sont multiples : outre un décalage de l’horloge biologique, le traitement particulier des stimuli par le cerveau, des maladies associées ou la prise de certains médicaments peuvent aussi jouer un rôle.


1. L’horloge interne fonctionne souvent plus tard 

Beaucoup de personnes atteintes de TDAH ne s’endorment pas tard parce qu’elles ont fondamentalement besoin de moins de sommeil. C’est plutôt que leur horloge interne semble souvent fonctionner différemment. Les chercheurs pensent que la mélatonine, l’hormone du sommeil, est sécrétée plus tard chez beaucoup de personnes concernées que chez celles qui n’ont pas de TDAH. Du coup, la fatigue naturelle ne s’installe souvent qu’à un moment où les autres dorment déjà depuis longtemps. Au quotidien, ça peut devenir un vrai problème. Quand tu t’endors vers minuit ou même plus tard, tu dois souvent te lever tôt le lendemain matin quand même – que ce soit pour le boulot, l’école ou des obligations familiales. Ça crée vite un déficit de sommeil chronique qui peut s’accumuler au fil des jours ou des semaines. Ce décalage du rythme veille-sommeil est particulièrement visible les jours de congé. Sans réveil, beaucoup de personnes atteintes de TDAH dorment non seulement plus longtemps, mais se couchent aussi souvent bien plus tard. Ça montre bien que leur rythme naturel est souvent plutôt calé sur les heures tardives de la soirée et de la nuit.


2. Le cerveau a du mal à se calmer le soir 

Ce décalage du rythme veille-sommeil est particulièrement visible les jours de congé. Sans réveil, beaucoup de personnes atteintes de TDAH dorment non seulement plus longtemps, mais se couchent aussi souvent bien plus tard. Ça montre que leur rythme naturel est souvent plutôt calé sur les heures tardives de la soirée et de la nuit. En plus, beaucoup d’entre elles sont particulièrement productives ou créatives justement le soir. Dès que les exigences de la journée s’atténuent, il est plus facile de se plonger dans un sujet passionnant ou de poursuivre un projet entamé. Du coup, on fait souvent fi de la fatigue – et l’heure à laquelle on s’endort repousse de plus en plus tard. Ce qu’on appelle le « tourbillon de pensées » est donc bien plus qu’une simple rumination. Ça peut empêcher le cerveau de passer en mode repos et faire que l’endormissement prend beaucoup plus de temps.


3. Les médicaments et les maladies associées peuvent influencer le sommeil

Tous les troubles du sommeil liés au TDAH ne sont pas exclusivement dus à la maladie elle-même. D’autres facteurs peuvent aussi contribuer à perturber le sommeil. C’est le cas, par exemple, des médicaments stimulants comme le méthylphénidate ou les amphétamines. Ils peuvent rendre l’endormissement plus difficile s’ils sont pris trop tard dans la journée. C’est pourquoi l’heure de prise doit toujours être convenue avec ton médecin traitant. De plus, les personnes atteintes de TDAH présentent plus souvent des maladies associées qui peuvent également affecter le sommeil. Parmi celles-ci, on trouve notamment la dépression, les troubles anxieux, le syndrome des jambes sans repos ou les troubles respiratoires nocturnes comme l’apnée du sommeil. Si les problèmes de sommeil persistent sur une longue période ou s’aggravent soudainement, il est donc important de consulter un médecin pour écarter d’autres causes possibles.


Quels sont les troubles du sommeil les plus fréquents en cas de TDAH ?

Les troubles du sommeil peuvent se manifester de manière très variée chez les personnes atteintes de TDAH. Certaines restent éveillées pendant des heures avant de parvenir à s’endormir. D’autres s’endorment rapidement, mais se réveillent sans cesse pendant la nuit ou se sentent épuisées le lendemain matin malgré un sommeil suffisant. Ce sont justement ces différences qui rendent souvent difficile de reconnaître immédiatement le lien entre le TDAH et les problèmes de sommeil. À cela s’ajoute le fait que beaucoup de personnes concernées considèrent leurs problèmes de sommeil comme « normaux » depuis des années. Quand tu as du mal à t'endormir depuis l'enfance ou que tu as du mal à sortir du lit le matin, tu ne remets souvent même plus en question ce schéma. En réalité, il existe pourtant certains troubles du sommeil qui sont particulièrement fréquents chez les personnes atteintes de TDAH.


1. Difficultés à s’endormir et décalage de l’horloge biologique  

L’une des caractéristiques les plus courantes, c’est de mettre du temps à s’endormir. Beaucoup de personnes atteintes de TDAH ne commencent à se sentir fatiguées que bien plus tard que leur entourage. Alors que d’autres se calment vers 22 heures, c’est souvent à ce moment-là que commence pour elles la phase où elles peuvent se concentrer ou faire preuve de créativité. Ce phénomène s’appelle un décalage de la phase de sommeil. Ce n’est pas un manque de volonté d’aller te coucher plus tôt, mais souvent un rythme biologique modifié. Comme la fatigue ne s’installe que plus tard, tu as d’autant plus de mal à t’endormir – même si tu dois te lever tôt le lendemain matin. Au quotidien, ça entraîne souvent un conflit permanent entre ton rythme de sommeil naturel et tes obligations fixes. Le boulot, l’école ou la famille ne s’adaptent pas à ton horloge interne. C’est pourquoi beaucoup de personnes atteintes de TDAH dorment systématiquement moins que ce dont leur corps a réellement besoin.


2. Difficultés à s’endormir et à rester endormi 

C’est pas seulement s’endormir qui peut être un vrai casse-tête. Certaines personnes finissent par s’endormir, mais se réveillent plusieurs fois pendant la nuit ou ont du mal à se rendormir après s’être réveillées. Les causes peuvent être diverses. Chez certaines, le tourbillon de pensées continue même la nuit, ce qui fait qu’elles sont tout de suite réveillées après chaque petit réveil. D’autres sont particulièrement sensibles au bruit ou à la lumière et ont donc un sommeil globalement plus agité. Plus le sommeil est interrompu, moins ton corps a de temps pour les phases importantes de sommeil profond et de sommeil paradoxal. Or, ce sont justement ces phases de sommeil qui sont essentielles à la récupération physique, à la mémoire et à l’assimilation des impressions de la journée.


3. Un sommeil réparateur fait souvent défaut  

Beaucoup de personnes atteintes de TDAH dorment suffisamment longtemps, mais ne se sentent quand même pas reposées le matin. Ce sentiment est souvent décrit par les personnes concernées comme particulièrement pénible, car la fatigue ne peut pas être compensée simplement en dormant plus longtemps. Ça peut s’expliquer par le fait que le sommeil est moins réparateur. Si le repos nocturne est souvent interrompu ou si les différentes phases de sommeil sont perturbées, le cerveau ne peut pas se régénérer complètement. Du coup, dès le matin, ta concentration, ton attention et ta résistance sont déjà limitées. Surtout au boulot ou à l’école, ça peut vite te mener dans un cercle vicieux. Quand tu manques de sommeil, tu fais plus souvent des erreurs, tu mets plus de temps à faire tes tâches et tu te sens globalement plus vite dépassé. Du coup, le stress augmente – et c’est justement ça qui peut encore aggraver ton sommeil la nuit suivante.


4. Les maladies associées peuvent également perturber le sommeil

Surtout au boulot ou à l’école, ça peut vite te faire entrer dans un cercle vicieux. Quand tu manques de sommeil, tu fais plus souvent des erreurs, tu mets plus de temps à faire ce que tu as à faire et tu te sens globalement plus vite dépassé. Ça augmente encore le stress – et c’est justement ça qui peut encore aggraver ton sommeil la nuit suivante. Par exemple, le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil ou les troubles dépressifs sont plus fréquents chez les personnes atteintes de TDAH que dans la population générale. Le stress chronique ou les troubles anxieux peuvent aussi contribuer à des difficultés à s’endormir ou à un sommeil moins réparateur. C’est pourquoi il est important de ne pas attribuer trop vite les problèmes de sommeil uniquement au TDAH. Si les symptômes persistent sur une longue période ou s’aggravent nettement, il faut toujours consulter un médecin pour vérifier s’il n’y a pas un trouble du sommeil supplémentaire ou une autre maladie.


Comment le TDAH et le sommeil s’influencent-ils mutuellement ?

Quand tu souffres de troubles du sommeil liés au TDAH, tu as souvent l’impression d’être pris dans un cercle vicieux. Après une nuit agitée, c’est plus dur de te concentrer ou d’organiser ta journée. En même temps, ce sont justement ces difficultés qui empêchent le cerveau de se déconnecter le soir. Ainsi, le TDAH et le sommeil s’influencent souvent mutuellement et, dans le pire des cas, peuvent même s’aggraver l’un l’autre. Et ça ne concerne pas seulement la fatigue. Un sommeil réparateur joue un rôle important pour l’attention, la mémoire, la régulation des émotions et la capacité à traiter les stimuli – c’est-à-dire précisément les domaines qui sont déjà souvent plus sollicités chez les personnes atteintes de TDAH.


1. Un mauvais sommeil peut aggraver les symptômes du TDAH

Tout le monde remarque, après une nuit courte, que sa concentration baisse. Mais quand on a un TDAH, les effets peuvent être particulièrement marqués. Beaucoup de personnes concernées racontent qu’après une mauvaise nuit, elles perdent plus vite le fil, oublient plus souvent des choses ou ont du mal à se concentrer sur une tâche. L’organisation personnelle en pâtit souvent aussi. Les tâches semblent soudain compliquées, c’est plus dur de définir des priorités et même les décisions quotidiennes demandent nettement plus d’énergie. Ce qui se passe bien quand tu as bien dormi peut vite devenir un vrai casse-tête après une mauvaise nuit. En plus, le cerveau traite les infos moins efficacement s’il n’a pas eu le repos nécessaire. Du coup, c’est plus dur de filtrer les stimuli et de concentrer ton attention sur l’essentiel. Pour les personnes atteintes de TDAH, ça veut souvent dire que les symptômes déjà présents deviennent encore plus visibles.


2. La résilience émotionnelle diminue aussi  

Le sommeil n’influence pas seulement la concentration, mais aussi nos émotions. Quand tu dors mal pendant un certain temps, tu réagis souvent de manière plus sensible au stress, tu t’énerves plus vite ou tu te sens épuisé émotionnellement. Cet effet peut être particulièrement pénible, surtout quand on est atteint de TDAH. Beaucoup de personnes concernées ressentent déjà des émotions intenses ou ont du mal à gérer leur frustration et leur tension. Si le manque de sommeil s’ajoute à ça, c’est souvent encore plus dur de réagir sereinement aux défis ou de rester calme dans les situations stressantes. Ça ne veut pas dire que chaque mauvaise nuit entraîne tout de suite une nette aggravation. Mais sur plusieurs semaines ou mois, un manque de sommeil persistant peut contribuer à ce que le quotidien soit globalement vécu comme plus pesant. À l’inverse, les symptômes du TDAH eux-mêmes peuvent rendre le sommeil de qualité plus difficile à atteindre. L’agitation intérieure, les pensées qui tournent en boucle ou la difficulté à « faire le point » mentalement sur la journée font souvent que l’endormissement est sans cesse repoussé. À cela s’ajoute le fait que beaucoup de personnes concernées deviennent particulièrement productives ou créatives en fin de journée. Ça peut les amener à se consacrer à leur travail, à leurs loisirs ou à de nouvelles idées jusque tard dans la nuit – alors que leur corps a en réalité besoin de repos.


3. Un cercle vicieux qui s’autoalimente 

C’est justement là qu’un cercle vicieux se met souvent en place. Un mauvais sommeil entraîne une baisse de la concentration, de la résistance au stress et de l’organisation personnelle. Du coup, le stress au quotidien augmente – par exemple parce que des tâches restent en suspens, que des rendez-vous sont oubliés ou que des conflits surgissent. Le soir, il est alors souvent encore plus difficile de se détendre. Les pensées tournent en boucle autour de la journée écoulée ou des tâches du lendemain matin, tandis que le cerveau continue de tourner à plein régime. Du coup, tu mets encore plus de temps à t’endormir et ton sommeil reste peu réparateur. C’est pour ça qu’il faut prendre au sérieux les problèmes de sommeil liés au TDAH. Même de petites améliorations de la qualité du sommeil peuvent aider à briser ce cercle vicieux et à réduire sensiblement le stress au quotidien.


Le cercle vicieux sommeil-stress en cas de TDAH


Que peux-tu faire si tu souffres de TDAH et de troubles du sommeil ?

Même si les troubles du sommeil liés au TDAH ne peuvent pas toujours être complètement évités, de petits changements dans ton quotidien peuvent déjà contribuer à améliorer ton sommeil. L’essentiel, c’est de développer des habitudes qui signalent à ton corps que la phase de repos commence.


1. Mettre en place une routine du soir fixe 

Des heures de coucher régulières aident à stabiliser le rythme veille-sommeil. Beaucoup de personnes atteintes de TDAH ont tout intérêt à se coucher chaque jour si possible à la même heure et à se lever le matin à une heure fixe – même le week-end. Un rituel du soir récurrent peut également s’avérer utile. La lecture, une musique douce ou des exercices de relaxation facilitent pour beaucoup la transition entre une journée active et la phase de sommeil.


2. Réduire le temps passé devant les écrans et la lumière vive 

Les smartphones, les tablettes ou la télévision peuvent rendre l’endormissement encore plus difficile. La lumière vive des écrans freine la sécrétion de mélatonine et indique au cerveau de rester éveillé. Il peut donc être judicieux d’éviter autant que possible les écrans environ deux heures avant d’aller te coucher, ou au moins de réduire considérablement leur luminosité. Une lumière tamisée le soir aide ton corps à se préparer à la nuit.


3. Bien choisir l’heure de prise des médicaments 

Pour beaucoup de personnes atteintes de TDAH, les stimulants font partie du traitement. Mais s’ils sont pris trop tard dans la journée, ils peuvent rendre l’endormissement plus difficile. C’est pourquoi il ne faut jamais modifier toi-même l’heure de prise. Si tu as l’impression que tes médicaments affectent ton sommeil, parle-en à ton médecin traitant.


4. Consulter un médecin en cas de troubles du sommeil persistants 

Tous les troubles du sommeil ne sont pas forcément liés au TDAH. Si les troubles persistent sur une longue période ou s’ils s’accompagnent de symptômes comme une forte somnolence diurne, des apnées du sommeil ou un besoin intense de bouger les jambes, il faut consulter un médecin pour en déterminer la cause. Selon la cause, des consultations spécialisées sur le sommeil ou un ajustement du traitement du TDAH peuvent aider à améliorer la qualité du sommeil à long terme.


5. Les plantes médicinales peuvent aider à améliorer le sommeil 

En plus d’une bonne hygiène de sommeil, beaucoup de personnes concernées s’intéressent aussi aux remèdes naturels. La médecine traditionnelle utilise différentes plantes médicinales pour apaiser l’agitation intérieure et faciliter l’endormissement.

Parmi les plantes médicinales souvent utilisées en spagyrie, on trouve notamment :

  • La passiflore (Passiflora incarnata) : traditionnellement utilisée en cas d’agitation intérieure et de tension nerveuse, elle peut t’aider à t’endormir.
  • La valériane (Valeriana officinalis) : c’est l’une des plantes médicinales les plus connues pour favoriser la détente et le sommeil.
  • Le houblon (Humulus lupulus) : souvent associé à la valériane, il est traditionnellement utilisé en cas de difficultés à s'endormir ou à rester endormi.
  • La lavande (Lavandula angustifolia) : elle peut aider à réduire la tension intérieure et contribuer à la détente en fin de journée.
  • Avoine (Avena sativa) : Utilisée traditionnellement en naturopathie pour soutenir le système nerveux et en cas d'épuisement nerveux.

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