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Qu'est-ce qui aide à lutter contre les crises de panique ? Comment briser le cercle vicieux de l'angoisse

  • 11 Temps de lecture min.
Was hilft gegen Panikattacken? So durchbringst Du den Kreislauf der Angst

Que peux-tu faire pendant une crise de panique ?

Quand la panique te prend d'un coup, ton premier réflexe est souvent de vouloir t'en débarrasser le plus vite possible. Mais c'est justement cette lutte qui peut créer une pression supplémentaire. Sur le moment, des stratégies simples peuvent t'aider à ne pas aggraver la réaction d'alarme et à recentrer ton attention sur l'ici et maintenant.


1. Essaie de ne pas aggraver davantage la réaction d'alarme physique

Une crise de panique peut sembler si menaçante que tu te dis tout de suite : « Il faut que ça s’arrête. » Tu observes ton corps de plus en plus attentivement et chaque changement semble confirmer que quelque chose ne va pas. Il peut être plus utile d’essayer consciemment d’aborder la situation autrement : reste calme, n’accélère pas encore plus ta respiration et rappelle-toi que la panique finira par s’estomper.

Pour ça, pas besoin d’une technique de respiration compliquée. Essaie par exemple d’inspirer calmement, puis d’expirer lentement. Certaines personnes trouvent que des exercices de respiration structurés sont utiles. Mais si compter les secondes te stresse encore plus, tu n’es pas obligé de t’y forcer. Ce n’est pas tant la technique parfaite qui compte que l’idée derrière tout ça : tu n’as pas besoin de maîtriser la panique en quelques secondes. Tu peux laisser le temps à ton corps de sortir de cet état d’alerte.


2. Ramène ton attention dans le « ici et maintenant »

Pendant une crise de panique, toute ton attention peut se tourner vers l’intérieur. Tu surveilles ton pouls, tu contrôles ta respiration, et en même temps, tes pensées tournent en boucle autour de ce qui pourrait bien arriver ensuite. Dans ce cas, ça peut t’aider de recentrer consciemment ton regard vers l’extérieur. Sens par exemple le sol sous tes pieds. Choisis un objet dans la pièce et décris-le mentalement. Prends conscience des bruits que tu entends en ce moment. La célèbre méthode 5-4-3-2-1 fonctionne aussi selon ce principe et dirige ton attention successivement vers différentes sensations.

Mais tu n’as pas besoin de faire cinq exercices différents en même temps. Une méthode simple que tu connais et à laquelle tu peux recourir dans cette situation suffit amplement. Le but n’est pas de refouler la peur. Il s’agit plutôt de faire en sorte que la panique ne monopolise plus toute ton attention pendant un instant.


3. Pourquoi tu n’as pas besoin de lutter contre la panique

Aussi désagréable que ça puisse paraître, il arrive parfois qu’une étape importante consiste d’abord à laisser la peur s’exprimer. Si, pendant une crise, tu vérifies sans cesse si elle s’atténue enfin, tu restes mentalement étroitement lié à elle. Chaque nouvelle sensation prend de l’importance. Et si la peur est toujours là au bout de deux minutes, la pensée suivante peut déjà surgir : « Pourquoi mon exercice de respiration ne marche-t-il pas ? » Du coup, une aide d’urgence peut vite se transformer en une autre forme de contrôle.

Une attitude plus utile peut être la suivante : « La peur est là en ce moment. Elle a le droit d’être désagréable. Je n’ai pas besoin de la faire disparaître tout de suite. » C’est justement ce point qui est important. Car ce qui apporte un soulagement à court terme pendant une crise de panique peut, à long terme, contribuer à ce que la peur prenne de plus en plus de place.


Pourquoi fuir peut renforcer l’angoisse à long terme

Une crise de panique suscite souvent un fort besoin de fuir. Quitter le supermarché, descendre du métro ou se réfugier le plus vite possible dans un endroit soi-disant sûr : ça apporte un soulagement dans l’immédiat. Mais à long terme, c’est justement cette stratégie qui peut contribuer à ce que l’angoisse persiste.


1. Quand l'évitement apporte un soulagement à court terme

Imagine que tu sois soudain pris de panique pendant que tu fais tes courses. Tu laisses ton caddie là où il est, tu sors et tu te rends compte au bout de quelques instants que la tension s’atténue. Au premier abord, tu as l’impression d’avoir pris la bonne décision : « C’est bien que je sois parti. » Le problème, c’est ce que ton cerveau risque d’en retenir. Le soulagement est associé à la fuite. Lors de tes prochaines courses, tu pourrais alors te dire avant même d’y aller : « Et si ça recommence et que je n’arrive pas à sortir à temps ? »

Une seule situation peut ainsi entraîner de plus en plus de restrictions. Au début, on évite juste le supermarché bondé, puis peut-être le centre commercial ou les transports en commun. Certaines personnes concernées finissent par ne se sentir à l’aise que si une personne de confiance est présente ou s’il semble possible de s’échapper rapidement. L’évitement réduit donc l’anxiété à court terme, mais peut la stabiliser à long terme. L’association allemande « Deutsche Angst-Hilfe » décrit également le comportement d’évitement comme un facteur important qui peut entretenir le cercle vicieux de l’anxiété.


2. Pourquoi ton cerveau n’apprend rien de nouveau de cette façon

Pour pouvoir replacer une crise de panique dans un autre contexte à long terme, il faut de nouvelles expériences. Si tu quittes une situation à chaque fois que l’angoisse monte, il te manque une expérience décisive : tu peux ressentir de l’angoisse sans que le scénario redouté ne se produise forcément. C’est précisément pour ça que la confrontation avec les situations redoutées joue un rôle important dans le traitement des troubles anxieux et des crises de panique. Il ne s’agit pas de te forcer à te jeter sans préparation dans la pire situation possible. Il s’agit plutôt de travailler sur tes angoisses de manière ciblée et thérapeutiquement pertinente, au lieu d’organiser ta vie de plus en plus autour d’elles.

Les stratégies dites « de sécurité » peuvent aussi jouer un rôle. Peut-être que tu ne vas plus faire les courses que si une certaine personne t’accompagne. Ou alors, tu cherches d’abord la sortie dans chaque bâtiment. Ces stratégies peuvent te procurer un sentiment de sécurité, mais en même temps, elles peuvent renforcer ta conviction que tu ne peux pas gérer une situation sans cette protection. Ça ne veut pas dire que tu dois absolument rester seul lors de ta prochaine crise de panique ou empêcher toute fuite. Surtout en cas de trouble panique prononcé, affronter les situations redoutées ne doit pas devenir une épreuve de force que tu t’imposes à toi-même. L’idée essentielle est autre : l’objectif à long terme n’est pas d’esquiver chaque crise de panique le plus habilement possible. Il s’agit plutôt de réduire petit à petit l’emprise de la peur sur ce que tu fais et ce que tu évites.


Pourquoi la fuite peut entretenir la peur


Qu’est-ce qui aide à long terme contre les crises de panique ?

Des exercices ponctuels peuvent t’aider à mieux gérer une crise de panique. Mais si les crises reviennent sans cesse, ça ne suffit souvent pas d’apprendre une nouvelle technique de respiration ou de distraction juste pour le moment présent. À long terme, il s’agit de changer ta façon même de gérer la peur.


1. Pourquoi la psychothérapie apporte plus de changements que des exercices ponctuels

Quand tu subis des crises de panique, tu peux finir par développer toute une série de stratégies : emporter de l’eau, surveiller ton pouls, éviter certains endroits ou toujours avoir une personne de confiance à tes côtés. Ça peut te rassurer. Mais en même temps, ça peut renforcer la conviction suivante : « Sans tout ça, je ne peux pas gérer une crise de panique. » C’est pourquoi une psychothérapie ne se limite pas à traiter chaque crise prise isolément. Elle peut t’aider à comprendre quelles pensées, quel jugement et quels comportements entretiennent la panique – et comment briser ce cercle vicieux.

En cas de trouble panique, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) fait partie des traitements recommandés. La directive allemande S3 la recommande expressément ; en cas de trouble panique associé à un comportement d’évitement agoraphobique, des éléments d’exposition doivent en outre faire partie intégrante de la TCC. Il s’agit par exemple de ne pas interpréter automatiquement les sensations physiques comme le signe d’une catastrophe imminente et de modifier progressivement les stratégies d’évitement utilisées jusqu’à présent. C’est ce qui distingue ce traitement d’une simple aide d’urgence : un exercice de respiration est censé t’aider à traverser un moment difficile. Une thérapie s’attache à comprendre pourquoi la panique prend autant d’emprise à long terme.


2. Quel rôle la confrontation peut-elle jouer en cas de crises de panique ?

Au premier abord, la confrontation peut sembler peu attrayante. Après tout, l’impulsion naturelle est justement d’éviter les situations où une nouvelle crise pourrait survenir. D’un point de vue thérapeutique, cependant, c’est précisément cette confrontation qui peut s’avérer importante. Par exemple, si tu ne prends plus le train par peur d’une crise de panique, une thérapie comportementale peut t’aider à te confronter à nouveau, petit à petit, à ce genre de situations. Le but n’est pas de supporter le plus d’angoisse possible ni de te prouver quoi que ce soit. Il s’agit plutôt de vivre de nouvelles expériences : « Je peux rester dans cette situation. » L’angoisse peut à nouveau s’atténuer. Je ne suis pas obligé de m’enfuir à chaque fois. En cas de trouble panique avec évitement agoraphobique, la recommandation S3 préconise ce genre d’éléments d’exposition et se prononce également en faveur d’une exposition accompagnée par un thérapeute. C’est pourquoi, surtout quand les symptômes sont prononcés, la confrontation ne doit pas être vue comme une épreuve de résistance que tu t’imposes à toi-même. Elle peut être planifiée de manière ciblée et accompagnée par un thérapeute.


3. Le lien entre le sommeil, le stress et la caféine

En plus du traitement proprement dit, ça vaut le coup de jeter un œil à ton quotidien. Le manque de sommeil, un stress persistant ou de grandes quantités de caféine peuvent favoriser des sensations physiques comme l’agitation ou une accélération du rythme cardiaque. Si tu es déjà très sensible à ce genre de changements, tu peux les percevoir comme une menace. Ça peut donc être utile de voir si certaines habitudes ou périodes de stress sont liées à tes crises. Mais ça ne veut pas dire : moins de café + plus de sommeil = plus de crises de panique.

Un mode de vie sain peut t’aider, mais il ne remplace pas un traitement efficace en cas de trouble panique. De plus, pour les mesures d’auto-assistance et les techniques de relaxation, les études disponibles sont parfois moins nombreuses que pour les méthodes psychothérapeutiques reconnues. C’est justement pour ça que ta vie quotidienne ne doit pas devenir une tâche de contrôle supplémentaire. Tu n’as pas besoin de surveiller chaque tasse de café, chaque mauvaise nuit et chaque journée stressante comme s’il s’agissait d’un déclencheur potentiel. Il est plus judicieux de prendre au sérieux les sources de stress identifiables, sans pour autant organiser toute ta vie dans le seul but d’éviter une prochaine crise de panique.


Quand faut-il demander de l’aide en cas de crises de panique ?

Une seule crise de panique ne signifie pas automatiquement que tu souffres d’un trouble panique. Cependant, si les crises reviennent ou si la peur de celles-ci commence à influencer tes décisions au quotidien, ça vaut le coup de chercher un soutien professionnel. Un trouble panique se soigne ; la recommandation allemande S3 préconise notamment la thérapie cognitivo-comportementale.


1. Quand la peur de la prochaine crise domine ton quotidien

Parfois, ce n’est plus la crise de panique en elle-même qui pose le plus gros problème, mais la question : « Quand ça va-t-il se reproduire ? » Tu annules peut-être un long trajet en train parce qu’une crise pourrait survenir pendant le trajet. Un concert te semble soudain trop risqué parce que la sortie est trop loin. Ou tu ne vas plus faire tes courses que si quelqu’un t’accompagne. C’est exactement à ce moment-là que la peur commence à restreindre ta liberté d’action.

Des mesures de précaution constantes peuvent aussi être un signe. Si tu as toujours besoin d’eau, de médicaments ou d’une personne en particulier pour t’accompagner, si tu cherches sans cesse des issues de secours ou si tu planifies tes activités en fonction du temps qu’il te faudrait pour rejoindre un « endroit sûr », tu passes peut-être une grande partie de ta journée à penser à la prochaine crise. Au plus tard lorsque l’évitement, l’angoisse anticipatoire ou les crises de panique récurrentes limitent ta vie quotidienne, tu ne devrais pas essayer de résoudre le problème uniquement avec des exercices de respiration et d’autres stratégies d’urgence.


2. Où trouver une aide professionnelle

Le cabinet de ton médecin généraliste peut être un premier point de contact, surtout si tes symptômes n’ont pas encore été diagnostiqués médicalement. On y examinera également d’éventuelles causes physiques et on discutera des étapes suivantes. En cas de crises de panique récurrentes, tu peux aussi t’adresser directement à un cabinet de psychothérapie. Lors d’une consultation psychothérapeutique, on pourra déterminer s’il s’agit effectivement d’un trouble panique ou d’un autre trouble anxieux, et quel traitement est le plus adapté. Il existe des options thérapeutiques efficaces pour traiter un trouble panique. La recommandation S3 préconise à la fois la psychothérapie et les traitements médicamenteux, et met en avant la thérapie cognitivo-comportementale comme approche psychothérapeutique recommandée. Le choix du traitement dépend de ta situation personnelle et de tes préférences.

L’important, c’est surtout de ne pas attendre d’être au point où tu ne peux presque plus rien faire sans avoir peur pour chercher de l’aide. Car à long terme, le but n’est pas d’accumuler toujours plus d’astuces pour faire face à la prochaine crise de panique. Il s’agit plutôt de faire en sorte que l’angoisse ait de moins en moins d’influence sur la façon dont tu organises ton quotidien.



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