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Le « doomscrolling » : pourquoi on n'arrive pas à s'arrêter ?

  • 17 Temps de lecture min.
Doomscrolling: Warum können wir nicht aufhören?

Encore un message… alors pourquoi on continue quand même à faire défiler ?

Tu veux juste jeter un coup d’œil rapide à ce qui s'est passé. Lire une actualité, peut-être deux. Après tout, tu veux rester au courant. Puis tu ouvres la publication suivante. En dessous, une vidéo t'attend déjà. Dans les commentaires, on parle d’un nouveau développement, alors tu fais une recherche là-dessus. Entre-temps, tu actualises encore une fois ton fil d’actualité. À un moment donné, tu jettes un œil à ta montre. Les cinq minutes se sont transformées en 40. Mais poser ton smartphone te semble quand même étrangement difficile. Parce que peut-être que quelque chose a encore changé entre-temps.

C’est exactement ce comportement qu’on appelle le « doomscrolling » : on continue sans cesse à consommer des contenus négatifs, inquiétants ou qui semblent menaçants, même si on se rend compte depuis longtemps qu’ils ne nous font pas de bien – et même si, en réalité, on voulait arrêter. Ce qui est étrange, c’est qu’on ne continue pas forcément à faire défiler parce qu’on veut voir de mauvaises nouvelles. Souvent, c’est exactement le contraire. On aimerait enfin avoir le sentiment d’en savoir assez.


1. Quand cinq minutes se transforment soudain en une heure

Le « doomscrolling » commence rarement de manière consciente. Personne ne s’installe le soir sur son canapé en se disant : « Bon, je vais passer une heure à me stresser avec des infos sur les crises. » La plupart du temps, il y a une raison compréhensible. Une alerte flash s’affiche à l’écran. Il se passe quelque chose dans un autre pays. La situation économique évolue. Une décision politique sème le doute. Bien sûr, tu veux savoir ce qui se passe. Alors tu lis un article. Une question trouve alors sa réponse – mais deux nouvelles surgissent. Qu’est-ce que ça veut dire maintenant ? Comment ça va se passer ? Y a-t-il déjà de nouvelles infos ? Du coup, tu continues à faire défiler. Et c’est justement là que les choses peuvent changer : le simple désir d’être informé se transforme en une quête du moment où la situation semblera enfin clarifiée. Sauf que, dans de nombreuses situations d’actualité, ce moment n’arrive jamais. Les crises continuent d’évoluer. Les analyses se contredisent. Personne ne sait exactement ce qui va se passer demain. Mais le smartphone continue quand même de t'envoyer une nouvelle info. Et encore une. Et encore une.


2. Ce que signifie réellement le « doomscrolling »

Toute consommation intensive d’actualités n’est pas automatiquement du « doomscrolling ». Quand un événement important se produit, il est tout à fait compréhensible de lire plus souvent les actualités ou de suivre l’évolution de la situation pendant un certain temps. La différence réside moins dans le nombre d’articles lus que dans la façon dont tu gères tout ça. Tu voulais en fait t’arrêter, mais tu continues à faire défiler. Tu te rends compte que ces contenus te pèsent de plus en plus, mais tu ouvres quand même l’article suivant. Ou alors, tu poses brièvement ton smartphone… pour revenir quelques minutes plus tard vérifier s’il y a du nouveau. Le « doomscrolling » ne décrit donc pas simplement un intérêt pour les mauvaises nouvelles. C’est plutôt un cercle vicieux entre la recherche d’informations, l’incertitude et l’envie de continuer à regarder. Et ce cercle vicieux s’applique particulièrement aux plateformes numériques, qui présentent une différence cruciale par rapport aux médias traditionnels : elles ne s’arrêtent jamais.


Pourquoi les mauvaises nouvelles nous attirent-elles autant ?

En fait, le « doomscrolling » semble contradictoire. Si certains contenus nous font peur, nous mettent en colère ou nous attristent, pourquoi continuons-nous à les regarder ? Pourquoi ne cherchons-nous pas plutôt quelque chose qui nous rassure ? Parce que les informations désagréables ne sont pas forcément inintéressantes. Surtout quand elles contiennent quelque chose qui pourrait être important pour nous.


1. Notre cerveau est particulièrement attentif aux dangers potentiels

Une nouvelle positive, c’est sympa. En revanche, une menace potentielle exige toute notre attention. On explique souvent cette tendance par ce qu’on appelle le « biais de négativité » : les informations négatives peuvent retenir notre attention de manière particulièrement forte et être considérées comme plus importantes que des informations positives comparables. C’est facile à observer au quotidien. Au milieu de dix actualités plutôt anodines, apparaît soudain : « On craint une nouvelle escalade. » Sur quoi vas-tu cliquer ? Probablement pas en premier lieu sur l’info indiquant qu’un problème a été résolu avec succès quelque part. Ça ne veut pas dire que notre cerveau considère chaque gros titre comme un danger immédiat. L’idée reçue du « cerveau de l’âge de pierre », qui traiterait une notification push comme s’il s’agissait d’un tigre à dents de sabre, est clairement réductrice. Mais les dangers potentiels, les conflits et les incertitudes ont une capacité particulièrement fiable à attirer l’attention. Et dans le fil d’actualité numérique, chaque mauvaise nouvelle en cache déjà une autre.


2. Pourquoi on pense qu’une info de plus pourrait nous rassurer

C’est peut-être ça, le plus intéressant dans le doomscrolling : souvent, on continue à faire défiler non pas parce qu’on veut avoir encore plus peur. On continue à faire défiler parce qu’on veut avoir moins peur. Une situation floue engendre de l’incertitude. Du coup, on cherche des infos. Au départ, c’est logique. Quand tu comprends mieux quelque chose, tu peux mieux le replacer dans son contexte. Mais à un moment donné, ce mécanisme bascule. Tu sais désormais ce qui s’est passé. Pourtant, il te manque quelque chose : la certitude de savoir comment ça va évoluer. Alors tu continues à chercher. Peut-être qu’il y a entre-temps une nouvelle évaluation. Peut-être que quelqu’un explique que tout n’est pas si grave. Peut-être y a-t-il enfin une info qui te permette de dire : « OK. Maintenant, j’en sais assez. » Mais dans le cas de crises en cours, cette info n’arrivera peut-être jamais. À la place, tu tombes sur un nouveau pronostic, un autre commentaire inquiétant ou une vidéo qui montre un aspect dont tu ne savais rien auparavant. Tu as désormais plus d’informations – mais pas forcément plus de certitudes. Et c’est justement ça qui peut te pousser à continuer à faire défiler. C’est là que réside le véritable paradoxe du « doomscrolling » : on cherche des informations pour réduire notre incertitude – et on trouve sans cesse de nouvelles choses qui nous donnent matière à s’inquiéter.


Pourquoi est-ce si difficile d’arrêter d’utiliser son smartphone ?

Tu as désormais compris ce qui s’est passé. En fait, tu pourrais fermer l’appli. Mais juste en dessous de la dernière actualité, la suivante t’attend déjà. Une vidéo démarre automatiquement. Une nouvelle publication promet une mise à jour. Et avant même que tu aies consciemment décidé de continuer à lire, ton pouce a déjà fait défiler la page. Ce n’est pas un hasard. Les flux numériques facilitent particulièrement la transformation d’un acte conscient en habitude.


1. Un fil d’actualité ne connaît pas de fin de journée

Un journal a une dernière page. Un journal télévisé s'achève. Même un livre te montre assez clairement ce qu’il te reste à lire. Un fil d’actualité, lui, ne le fait pas. Tu peux faire défiler, défiler et encore défiler – et du nouveau contenu apparaît sans cesse. Ce principe s'appelle le « défilement infini ». Il manque donc quelque chose qui nous aide normalement à nous arrêter : un point final naturel. Imagine qu’après dix publications, ton écran affiche : « C’est tout pour aujourd’hui. » Tu devrais alors décider activement si tu veux voir d’autres actualités. Dans un fil d’actualité infini, c’est le contraire qui se produit. Ce n’est pas pour continuer qu’il faut prendre une décision, mais pour s’arrêter. Ça peut sembler être une petite différence. Mais au quotidien, c’est assez déterminant. Car après chaque publication, tu n’as rien à faire pour obtenir la suivante. Un petit mouvement du pouce suffit – et le fil d’actualité te propose automatiquement la suite. Ainsi, « Je lis encore un article » peut très vite se transformer en « Je regarde ce qui vient ensuite ».


2. Pourquoi on ne sait jamais ce qui va suivre

À cela s’ajoute le fait que tu ne sais pas ce qui t’attend après le prochain geste. C’est peut-être la même publication encore une fois. Peut-être une vidéo complètement insignifiante. Mais c’est peut-être aussi exactement la mise à jour que tu attends depuis une demi-heure. C’est cette imprévisibilité qui rend le fait de continuer à faire défiler particulièrement attrayant. Tous les nouveaux contenus ne doivent pas forcément être intéressants. Il suffit que le prochain puisse l’être. C’est exactement pour ça que je ne reprendrais pas telle quelle l’explication souvent utilisée selon laquelle « les réseaux sociaux fonctionnent comme une machine à sous ». La comparaison aide certes à comprendre un principe : des résultats imprévisibles peuvent rendre un comportement tenace. Mais un fil d’actualité sur les réseaux sociaux n’est pas une machine à sous – et le « doomscrolling » ne peut pas se résumer à un seul mécanisme de récompense. L’explication populaire selon laquelle « à chaque fois que tu fais défiler, tu reçois une poussée de dopamine » est elle aussi trop simpliste. Ce qui est bien plus important dans notre quotidien, c’est que le contenu suivant est inconnu – et à portée d’un simple glissement de doigt. Si un sujet te préoccupe déjà, cette promesse suffit peut-être à te donner envie de continuer à faire défiler. Et encore une fois.


3. FOMO : Et si je ratais quelque chose d’important ?

Dans le cas du « doomscrolling », une autre pensée s’ajoute : « Et si j’arrêtais maintenant… et qu’un événement important se produisait justement à ce moment-là ? » Cette peur de passer à côté de quelque chose est souvent appelée FOMO – Fear of Missing Out. Pour les contenus habituels des réseaux sociaux, ça peut vouloir dire rater une actualité, une tendance ou une info de ton entourage. Mais face aux actualités de crise, le FOMO prend une autre dimension. Quand un événement majeur se produit, on a soudain l’impression qu’il est raisonnable de rester constamment informé. Tu te dis peut-être : « Je dois quand même savoir si la situation évolue. » C’est vrai, en principe. Mais ça nécessite rarement une mise à jour toutes les trois minutes. C’est justement cette limite qui est difficile à cerner quand on fait du « doomscrolling ». Car le sentiment de devoir rester informé fournit toujours une bonne raison de jeter un œil de plus à son smartphone. Plusieurs facteurs se combinent alors : l’incertitude retient ton attention, le fil d’actualité est sans fin et une information importante pourrait bel et bien t’attendre après le prochain défilement. Pas étonnant donc qu’un simple « Pose donc ton portable » ne soit souvent pas très utile.


Pourquoi on se sent souvent plus mal que mieux après avoir fait défiler son fil d’actualité ?

Le « doomscrolling » commence souvent par un objectif compréhensible : tu veux savoir ce qui se passe. Une heure plus tard, tu en sais effectivement plus. Pourtant, tu ne te sens peut-être pas mieux informé, mais épuisé, tendu ou encore plus inquiet qu’avant. Ça semble contradictoire à première vue. Après tout, plus d’informations devraient normalement apporter plus de clarté. Le problème, c’est que plus de connaissances et plus de sécurité, ce n’est pas la même chose.


1. Plus d'informations ne signifie pas automatiquement plus de sécurité

Pour certaines questions, la recherche d’informations fonctionne à merveille. Tu veux savoir à quelle heure part ton train. Tu vérifies et tu obtiens une réponse. C’est tout. En cas de crises, de guerres, d’évolutions politiques ou d’incertitude économique, ça marche différemment. Tu peux en savoir beaucoup sur la situation actuelle sans pour autant savoir ce qui va se passer demain. C’est justement ce vide que le « doomscrolling » tente parfois de combler. Tu ne lis plus seulement pour comprendre ce qui s’est passé. Tu cherches une réponse à ce qui va se passer. Et le fil d’actualité ne peut pas te la donner. À la place, il te propose des scénarios. Des avis d’experts. Des commentaires. Des prévisions. Des réactions. Des vidéos. De nouveaux détails. Chaque information supplémentaire peut être utile – mais elle peut aussi ouvrir une nouvelle piste qui te préoccupe.

Il se produit alors un paradoxe : la quantité d’informations augmente, tandis que le sentiment de sécurité ne suit pas. À un moment donné, ce qui compte, ce n’est donc plus de savoir si tu pourrais encore apprendre quelque chose de nouveau, mais si la prochaine information t’est encore utile à ce moment-là.


2. Quand l’information se transforme en vigilance permanente

Le « doomscrolling » devient particulièrement problématique lorsque les actualités n’ont plus de place bien définie dans ta journée. Tu les consultes le matin dès le réveil. Rapidement pendant le petit-déjeuner. Entre deux tâches. En attendant le bus. Le soir, sur le canapé. Et encore une fois au lit. Du coup, ton esprit n’a pratiquement plus un seul instant où l’actualité est réellement derrière toi. Une seule info négative n’est pas forcément le problème. C’est plutôt la répétition incessante qui peut devenir pesante : sans cesse de nouvelles images, de nouvelles alertes, de nouvelles analyses et de nouvelles raisons de jeter un œil encore une fois. Ça peut accentuer le stress et l’inquiétude, et aussi perturber le sommeil – surtout si tu consultes les infos jusqu’à la veille de t’endormir. Mais surtout, ça change ta relation aux infos. Tu ne décides plus consciemment : « Maintenant, j’ai envie de m’informer. » Au lieu de ça, tu vérifies sans cesse : « Il s’est passé quelque chose ? » Et c’est justement là qu’il ne suffit pas de vouloir simplement consommer moins d’actualités. Il est plus utile de redonner des limites à ta consommation d’actualités, que le fil d’actualité infini ne te dicte plus lui-même.


Comment sortir de la spirale du « doomscrolling » ?

La solution qui vient tout de suite à l’esprit serait : ranger ton portable et lire moins d’actualités, tout simplement. Mais souvent, ça ne marche pas très bien. Car si tu te contentes de te dire que tu vas moins faire défiler ton fil d’actualité, tu dois à chaque fois redécider quand c’est assez. Et c’est justement cette décision qui est difficile à prendre quand le fil d’actualité a toujours quelque chose de nouveau à te proposer. Il est donc plus utile de ne pas compter uniquement sur ta volonté pour t’arrêter.


1. Fixe une limite artificielle à ton fil d’actualité

Comme les fils d’actualité numériques n’ont pas de fin naturelle, tu peux en créer une toi-même. Au lieu de vérifier sans cesse tes actualités tout au long de la journée, tu peux par exemple réserver un ou deux créneaux horaires fixes pour ça. Pas : « Aujourd’hui, je regarde moins mon portable. » Mais plutôt : « Je lis les actualités après le petit-déjeuner et en début de soirée. » Ça peut sembler plus strict au premier abord, mais ça peut avoir exactement l’effet inverse. Tu n’as pas besoin de te demander sans arrêt si tu n’as pas raté quelque chose. Tu sais déjà quand tu vas te renseigner la prochaine fois.

La manière dont tu consommes les infos fait aussi la différence. Un journal télévisé, une newsletter ou la page d’accueil d’un site d’actualités offre au moins une certaine sélection et une limite. Un fil d’actualité sur les réseaux sociaux, en revanche, peut te faire passer directement d’une info à la vidéo suivante, à un commentaire ou à un témoignage personnel. Si tu remarques que tu te perds régulièrement dans ton fil d’actualité, ça peut t’aider de consulter les infos de manière ciblée, plutôt que d’attendre ce que l’algorithme va te montrer ensuite. Le but n’est pas d’en savoir moins sur le monde. Il s’agit plutôt de décider à nouveau toi-même quand tu en sais assez.


2. Fais à nouveau du défilement automatique un choix

Parfois, tu ouvres probablement une appli sans avoir pris la décision consciente de le faire. Tu déverrouilles ton téléphone. Ton doigt appuie sur l’icône familière. Et ce n’est que dix minutes plus tard que tu te rends compte que tu voulais en fait faire tout autre chose. C’est justement là que de petits obstacles peuvent s’avérer étonnamment utiles. Tu peux désactiver les notifications push pour les actualités. Les applis peuvent disparaître de l’écran d’accueil principal. Le smartphone n’a pas besoin d’être posé juste à côté du lit la nuit. Aucune de ces mesures n’empêche le « doomscrolling ». Et c’est justement ça qui compte. T’as pas besoin d’un mur de prison numérique. Souvent, un petit moment suffit entre l’envie et l’action. Si tu dois d’abord chercher l’appli au lieu de cliquer dessus automatiquement, ça te laisse une seconde de plus pour te poser la question : est-ce que j’ai vraiment envie de savoir ce qui s’est passé en ce moment – ou est-ce que je consulte mon fil d’actualité juste par habitude ? Cette distinction peut être plus importante que n’importe quel compteur de temps d’écran. Car deux personnes peuvent passer chacune une heure à consulter les actualités tout en vivant une expérience complètement différente. L’un a lu consciemment un long reportage. L’autre a actualisé son fil d’actualité sans arrêt pendant 60 minutes, alors qu’il voulait arrêter depuis longtemps. Ce n’est pas seulement le temps passé devant l’écran qui compte. C’est aussi la façon dont tu le passes.


3. Rester informé sans être constamment en ligne

Le « doomscrolling » ne consiste pas à ignorer systématiquement les mauvaises nouvelles. C’est justement quand quelque chose d’important se passe que le besoin d’information est tout à fait compréhensible. L’alternative au « doomscrolling » n’est donc pas l’ignorance. C’est le choix. Tu peux par exemple te concentrer sur quelques sources d’information fiables, au lieu de suivre le même événement via dix comptes, vidéos et sections de commentaires différents. Ça réduit non seulement la quantité d’informations, mais ça peut aussi éviter que les faits, les spéculations, les opinions personnelles et les exemples isolés dramatiques ne s’entremêlent sans cesse. Une autre question utile est : est-ce que les choses ont vraiment suffisamment changé depuis ma dernière consultation pour que j’aie besoin d’une mise à jour maintenant ? Pour certains événements, la réponse est bien sûr oui. Mais souvent, c’est plutôt : « probablement pas ». Dans ce cas, une crise peut très bien se poursuivre pendant quelques heures sans que tu aies besoin de la suivre sur ton écran. Le monde ne s’arrête pas de tourner quand tu ranges ton smartphone. Et tu n’as pas besoin de suivre chaque développement en temps réel pour rester informé.


À partir de quand le « doomscrolling » devient-il un vrai problème ?

Passer une demi-heure de trop sur les réseaux sociaux ne signifie pas pour autant que tu as un vrai problème de « doomscrolling ». Même dans des situations exceptionnelles, ton comportement face aux médias peut changer temporairement. Quand une grosse crise éclate ou qu’il se passe quelque chose qui te touche personnellement, tu peux avoir envie de savoir plus souvent comment la situation évolue. Ce n’est pas tant un nombre précis de minutes qui compte. La question la plus intéressante est : est-ce que tu peux encore décider toi-même quand ça s’arrête ?


1. Quand tu ne décides plus toi-même quand t’arrêter

Peut-être que tu te promets régulièrement d’arrêter plus tôt – et que tu te retrouves quand même tous les soirs devant ton fil d’actualité. Tu poses ton smartphone, puis tu le reprends quelques minutes plus tard. Pas forcément parce que tu cherches une info en particulier, mais parce que tu veux savoir si quelque chose a changé entre-temps. C’est justement cette différence qui compte. Lire les actualités, c’est un choix conscient. Avec le « doomscrolling », ça peut finir par devenir un réflexe : tu voudrais en fait t’arrêter, mais tu continues quand même. Dans ce cas, ça vaut le coup d’examiner ton comportement de plus près – surtout si tes tentatives pour fixer des limites claires échouent sans cesse.


2. Quand l’actualité domine de plus en plus tes peurs et ton quotidien

Un autre signe d’alerte, c’est quand les actualités ne restent plus à l’écran. Tu as rangé ton smartphone depuis longtemps, mais tu continues à repenser à ce que tu viens de voir. Au travail, tu as du mal à te concentrer. Le soir, tu voudrais dormir, mais tu jettes encore un œil aux dernières actualités. Tu remarques peut-être aussi que ton humeur dépend de plus en plus de ce qui apparaît dans ton fil d’actualité. Dans ce cas, il ne s’agit plus simplement d’avoir trop longtemps fait défiler ton fil. La consommation d’actualités commence à influencer davantage ton sommeil, ta concentration ou ton bien-être. Ça ne signifie pas automatiquement qu’il y a une maladie mentale derrière tout ça. Mais si tu n’arrives presque plus à contrôler ta consommation de médias ou si de fortes angoisses et inquiétudes dominent de plus en plus ton quotidien, un accompagnement professionnel peut s’avérer utile. Car au final, la limite ne se définit pas par un temps d’écran précis. Une autre question est souvent bien plus révélatrice : est-ce que tu ouvres encore ton fil d’actualité parce que tu veux savoir quelque chose – ou parce que tu as l’impression de devoir vérifier ? C’est exactement là que l’information peut se transformer en « doomscrolling ».

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