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Troubles anxieux – Symptômes, causes et traitement

  • 18 Temps de lecture min.
Angststörung – Symptome, Ursachen und Behandlung

À partir de quand la peur devient-elle un trouble anxieux ?

Au départ, la peur est une réaction de défense tout à fait normale. Elle nous aide à repérer les dangers à temps et à réagir vite. Elle ne devient problématique que lorsqu’elle devient disproportionnée, qu’elle survient sans raison apparente ou qu’elle commence à te limiter de plus en plus dans ta vie de tous les jours.


1. La peur, c’est d’abord une réaction de protection normale

Des palpitations avant un examen important, un sentiment de malaise dans une rue sombre ou de la nervosité avant une conversation difficile : l’angoisse peut être désagréable, mais elle remplit une fonction importante. Elle te met en alerte et prépare ton corps à réagir rapidement à un danger potentiel. En un rien de temps, ton organisme passe en mode alerte. Le rythme cardiaque peut s’accélérer, la respiration change et les muscles se tendent. En même temps, ton attention se concentre davantage sur les dangers potentiels. Ce qui peut parfois sembler gênant au quotidien était, d’un point de vue évolutif, essentiel à la survie. Normalement, cette réaction s’estompe dès que le danger est passé. C’est justement là qu’il y a une différence importante par rapport à un trouble anxieux. Chez les personnes concernées, le système d’alerte interne peut se déclencher même quand il n’y a objectivement aucun danger immédiat, ou bien la réaction peut être nettement plus forte que ce que la situation laisserait supposer. Ça ne veut pas dire pour autant que l’angoisse ressentie est « imaginaire ». La réaction physique et émotionnelle est bien réelle. Le cerveau évalue simplement une situation comme plus menaçante qu’elle ne l’est réellement.


2. Quand l’angoisse commence à régir ton quotidien 

Un trouble anxieux ne se définit pas uniquement par l’intensité de l’angoisse ressentie. Il est tout aussi important de se demander quel impact cette angoisse a sur ta vie. Au début, les changements peuvent passer inaperçus. Peut-être qu’on évite un métro bondé parce qu’on y a déjà ressenti une forte angoisse. On préfère annuler une conférence parce que l’idée de parler devant les autres semble insupportable. Ou alors, on vérifie sans cesse ses symptômes physiques, par crainte d’être gravement malade. À court terme, éviter ce genre de situations peut apporter un soulagement. Mais à long terme, ça peut donner de plus en plus de place à l’angoisse. Une seule situation évitée en entraîne plusieurs autres ; les activités doivent être planifiées de plus en plus minutieusement et certaines personnes se mettent déjà à réfléchir à l’avance à l’endroit où la prochaine situation angoissante pourrait se produire. Un trouble anxieux peut donc aller bien au-delà de simples moments d’angoisse. Il peut nuire au travail, aux relations, aux loisirs et à l’autonomie. À un moment donné, certaines personnes n’organisent plus leur quotidien en fonction de ce qu’elles aimeraient faire, mais en fonction des endroits où elles risquent le moins d’avoir peur.


3. Quels sont les différents types de troubles anxieux ? 

Le terme « trouble anxieux » est un terme générique qui regroupe différentes pathologies. Elles se distinguent notamment par ce qui déclenche l’anxiété et par la façon dont elle se manifeste au quotidien.

Dans le cas d’un trouble anxieux généralisé, ce sont des inquiétudes persistantes et difficiles à contrôler qui prédominent. Les personnes concernées se font souvent du souci à propos de différents aspects de leur vie – comme la santé, la famille, le travail ou la sécurité financière – et ont du mal à se libérer de ces inquiétudes.

Dans le cas d’un trouble panique, en revanche, on observe des crises de panique répétées. L’angoisse atteint très rapidement une intensité très forte et peut s’accompagner de symptômes physiques marqués. Souvent, s’ajoute à cela la crainte de ne pas savoir quand la prochaine crise pourrait survenir.

Un trouble d’anxiété sociale touche surtout les situations où les gens ont peur d’être observés, jugés ou rejetés par les autres. Dans le cas des phobies spécifiques, l’anxiété porte en revanche sur des choses ou des situations précises – par exemple les araignées, la hauteur ou l’avion. Dans l’agoraphobie, ce sont les situations où il pourrait sembler difficile de s’enfuir ou où l’aide ne serait peut-être pas disponible tout de suite en cas d’urgence qui sont au premier plan.


Comment se manifeste un trouble anxieux ?

L’anxiété ne se limite pas à ton esprit. Elle peut mettre tout ton corps en état d’alerte, dominer tes pensées et, au final, modifier ton comportement. Les symptômes qui prédominent dépendent, entre autres, du type de trouble anxieux dont tu souffres.


1. Quand le corps se met en état d’alerte 

Tout à coup, le cœur bat plus vite, les mains se mettent à trembler ou la respiration semble inhabituellement courte. Certaines personnes ressentent des vertiges, des nausées ou une sensation d’oppression dans la poitrine. C’est justement quand ces symptômes apparaissent de manière inattendue qu’ils peuvent te déstabiliser encore plus – et ainsi renforcer encore davantage l’anxiété. Au départ, ces réactions physiques cachent un mécanisme tout à fait utile. Quand le cerveau perçoit un danger potentiel, il prépare le corps à réagir rapidement. Le rythme cardiaque et la respiration peuvent s’accélérer, les muscles se tendent et l’attention se concentre davantage sur les menaces éventuelles. Mais dans le cas d’un trouble anxieux, cette réaction d’alerte peut se produire même s’il n’y a pas de danger extérieur réel. Les sensations physiques sont donc bien réelles. Surtout lors d’une crise de panique, elles peuvent devenir si intenses que les personnes concernées craignent, par exemple, de perdre le contrôle, de s’évanouir ou de faire une crise cardiaque. Les symptômes physiques varient d’une personne à l’autre. Outre les palpitations, les tremblements, la transpiration et les difficultés respiratoires, on peut aussi ressentir des vertiges, des maux de tête, des tensions musculaires ou des troubles gastro-intestinaux. Certaines personnes touchées perçoivent surtout les symptômes physiques et ne se rendent pas compte, dans un premier temps, que l’anxiété pourrait en être la cause. En même temps, il ne faut pas attribuer trop vite des troubles physiques nouveaux ou prononcés à un trouble anxieux. Des symptômes comme les douleurs thoraciques ou l’essoufflement, justement, peuvent aussi avoir d’autres causes et doivent donc faire l’objet d’un examen médical.


2. Quand les « si » et l’angoisse envahissent tes pensées 

Tous les troubles anxieux ne se manifestent pas par des crises de panique soudaines. Chez certaines personnes, l’anxiété se développe de manière beaucoup plus discrète. Les pensées tournent sans cesse autour de la question de ce qui pourrait arriver : « Et si je tombais malade ? Et si quelque chose tournait mal au boulot ? Et s’il arrivait quelque chose à ma famille ? » Se faire du souci de temps en temps, c’est tout à fait normal. Mais quand on souffre d’un trouble anxieux, ces inquiétudes peuvent devenir si fréquentes et si intenses qu’il est difficile de s’en débarrasser. Même si les personnes concernées savent rationnellement que leurs craintes sont peu probables, elles n’arrivent pas à faire taire ce sentiment de menace. Selon le type de trouble anxieux, les pensées peuvent prendre des formes très différentes. Dans le cas d’un trouble anxieux généralisé, ce sont souvent des inquiétudes persistantes concernant différents aspects de la vie qui prédominent. Dans le cas d’un trouble d’anxiété sociale, les pensées tournent plutôt autour de la peur de se ridiculiser, de se faire remarquer négativement ou d’être jugé par les autres. Après une crise de panique, en revanche, une peur intense de la prochaine crise peut s’installer. Cette vigilance intérieure constante peut être très épuisante à la longue. Quand tu repasses sans cesse en tête les dangers potentiels, tu as souvent du mal à te détendre. Ta concentration et ton sommeil peuvent en pâtir, et même les situations normalement détendues s’accompagnent de plus en plus d’inquiétudes.


3. Quand l’évitement aide à court terme… mais devient un problème à long terme 

Quand tu as peur d’une situation précise, tu essaies souvent tout naturellement de l’éviter. Au premier abord, c’est compréhensible : si tu ne montes pas dans un métro bondé, tu n’auras pas à y vivre la crise de panique redoutée. Si tu déclines une invitation, tu n’auras pas à affronter la peur d’être jugé par les autres. Et en effet, cette stratégie marche à court terme. Dès que tu évites la situation qui te fait peur, la tension retombe. Mais c’est justement ce soulagement qui peut contribuer à ancrer l’angoisse à long terme. Car en évitant la situation, tu passes à côté d’une expérience importante : celle de te rendre compte que la situation redoutée peut peut-être être surmontée et que l’angoisse finit par s’estomper. Au contraire, la conviction peut se renforcer que la situation était bel et bien dangereuse et que c’est uniquement grâce à l’évitement que rien ne s’est passé. Avec le temps, ce schéma peut s’étendre. Au début, on évite peut-être juste un trajet de train précis, puis plus tard, les transports en commun dans leur ensemble. La peur d’une seule situation sociale peut entraîner le retrait de plus en plus de rencontres. Le quotidien s’organise de plus en plus en fonction des situations qui semblent les plus sûres. C’est justement pour ça que le comportement d’évitement joue un rôle important dans de nombreux troubles anxieux. Ça explique aussi pourquoi certaines méthodes psychothérapeutiques ne visent pas uniquement à faire disparaître l’angoisse le plus vite possible. Il s’agit aussi de revivre des expériences dans des situations qu’on évitait jusqu’à présent par peur.


Pourquoi les troubles anxieux apparaissent-ils ?

On ne peut généralement pas attribuer à une seule cause le fait que certaines personnes développent un trouble anxieux et d’autres non. C’est plutôt la conjonction de différents facteurs. Outre une certaine prédisposition, les expériences personnelles, les schémas comportementaux acquis et les stress prolongés peuvent influencer la sensibilité avec laquelle ton système d’alerte réagit aux dangers potentiels.


1. Pourquoi il n’y a généralement pas de cause unique 

Quand on souffre d’un trouble anxieux, on cherche souvent une explication concrète. Était-ce une période de vie particulièrement difficile ? Est-ce héréditaire ? Ou est-ce qu’un événement précis a déclenché cette angoisse ? Dans bien des cas, il n’y a pas de réponse claire. Aujourd’hui, on part plutôt du principe que les troubles anxieux peuvent résulter d’une interaction entre différents facteurs. Parmi ceux-ci, on compte notamment les influences génétiques, les expériences d’apprentissage individuelles, la façon personnelle de gérer le stress et les mécanismes biologiques de régulation de l’anxiété. Certains traits de personnalité peuvent aussi contribuer à ce qu’une personne réagisse de manière plus sensible à l’incertitude ou à des dangers potentiels. Une prédisposition familiale ne signifie pas pour autant qu’un trouble anxieux soit forcément héréditaire. Il peut plutôt s’agir d’une certaine vulnérabilité à laquelle s’ajoutent d’autres facteurs. C’est pourquoi deux personnes peuvent vivre la même situation stressante et y réagir de manière complètement différente. L’explication souvent avancée d’un simple « déséquilibre des neurotransmetteurs » est également trop réductrice. Certes, des neurotransmetteurs comme la sérotonine interviennent dans des processus qui influencent l’humeur et l’anxiété. Mais l’apparition d’un trouble anxieux ne peut pas se résumer à un seul neurotransmetteur.


2. Le rôle que peuvent jouer les expériences stressantes 

Parfois, l’apparition d’une anxiété peut clairement être liée à une expérience stressante. Un accident peut par exemple faire en sorte que conduire une voiture provoque ensuite une grande angoisse. Après une maladie grave, l’inquiétude pour sa propre santé peut s’intensifier. Les pertes, la violence ou d’autres expériences traumatisantes peuvent aussi modifier à long terme le sentiment de sécurité. Le cerveau a la capacité de tirer des leçons de ce genre d’expériences. Si une situation est associée à une grande angoisse ou à un danger, des situations similaires peuvent ensuite déclencher une réaction d’alarme. Et pour ça, le danger initial n’a même plus besoin d’être présent. Certains lieux, certaines sensations corporelles ou certaines pensées peuvent suffire à réactiver l’angoisse apprise.

Mais tous les troubles anxieux ne sont pas forcément liés à un traumatisme. Chez certaines personnes, la maladie se développe progressivement, sans qu’on puisse identifier un événement précis comme cause directe. De nombreux petits stress ou certaines expériences vécues peuvent aussi jouer un rôle. Ce qui compte donc, ce n’est pas tant de savoir s’il y a eu un événement précis. Il s’agit plutôt de comprendre quelles expériences ont façonné ta perception du danger et quelles réactions contribuent aujourd’hui à ce que l’angoisse persiste.


3. Pourquoi un stress prolongé peut aggraver l’anxiété 

Une période de travail intense, des conflits familiaux, des soucis financiers ou un manque chronique de repos peuvent faire que ton corps et ton esprit restent tendus pendant longtemps. Normalement, les phases d’activité alternent avec des moments où ton organisme peut se ressourcer. Si ces phases de repos font défaut, la tension intérieure peut devenir de plus en plus perceptible. Ça peut aussi influencer l’intensité avec laquelle tu ressens tes angoisses. Si tu es déjà épuisé et tendu, tu risques d’être plus sensible aux changements physiques ou aux pensées angoissantes. En même temps, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration et une agitation intérieure peuvent s’ajouter – des symptômes qui, à leur tour, peuvent te déstabiliser encore plus. Mais le stress en soi ne signifie pas forcément qu’un trouble anxieux va apparaître. Il peut plutôt être l’un des nombreux facteurs qui, en cas de prédisposition, contribuent à l’apparition ou au maintien des angoisses.


Comment traite-t-on les troubles anxieux ?

En général, les troubles anxieux se traitent bien. Le choix de la thérapie adaptée dépend, entre autres, du type de trouble anxieux, de sa gravité et de ta situation personnelle. La psychothérapie joue un rôle important. Selon les symptômes, on peut aussi recourir à des médicaments, complétés par des mesures de soutien au quotidien.


1. Pourquoi la psychothérapie peut aider en cas de troubles anxieux 

Beaucoup de personnes concernées savent en fait que leur angoisse est disproportionnée dans certaines situations. Mais cette prise de conscience ne suffit souvent pas à elle seule à modifier cette angoisse. Après tout, elle ne se manifeste pas uniquement au niveau rationnel. Les pensées, les réactions physiques et les schémas comportementaux acquis s’entremêlent et peuvent se renforcer mutuellement.  C’est précisément sur ces liens que s’appuie la psychothérapie. La thérapie cognitivo-comportementale a été particulièrement bien étudiée dans le cadre des troubles anxieux. Dans cette approche, tu apprends d’abord à mieux comprendre tes réactions d’angoisse : quelles situations déclenchent l’angoisse ? Quelles pensées surgissent à ce moment-là ? Comment le corps réagit-il – et que fais-tu pour que l’angoisse disparaisse le plus vite possible ? On peut par exemple examiner de plus près des pensées comme « Je ne vais pas tenir le coup » ou « Il va sûrement arriver quelque chose de grave ». Le but n’est pas simplement de te convaincre que tout ira bien. Il s’agit plutôt de reconnaître ces évaluations automatiques, de les remettre en question et de développer une autre façon de les gérer. Ton propre comportement est tout aussi important. Comme on l’a déjà expliqué, l’évitement peut apporter un soulagement à court terme, mais entretenir l’angoisse à long terme. C’est pourquoi la thérapie consiste souvent à réapprendre progressivement à gérer les situations qu’on évitait jusqu’à présent. La psychothérapie ne vise donc pas simplement à « faire disparaître » l’angoisse. Les personnes concernées apprennent plutôt à mieux comprendre leurs réactions, à gérer leur angoisse différemment et à retrouver petit à petit une plus grande marge de manœuvre.


2. Pourquoi la confrontation avec l’angoisse peut faire partie de la thérapie 

Se confronter justement à une situation qui te fait très peur peut sembler contradictoire au premier abord. Pourtant, pour divers troubles anxieux, ce qu’on appelle l’exposition ou la confrontation est un élément important de la thérapie cognitivo-comportementale. On comprend mieux l’idée derrière ça en observant le cercle vicieux de l’évitement. Quand tu évites sans cesse une situation qui te fait peur, tu ressens certes un soulagement à court terme. Mais en même temps, tu passes à côté d’expériences qui pourraient changer la façon dont tu perçois cette situation. C’est pourquoi, lors d’une exposition encadrée par un professionnel, tu t’exposes de manière ciblée à des situations ou des stimuli qui te font peur. Ça te permet de découvrir que tu peux supporter cette angoisse et que les conséquences redoutées ne se produisent souvent pas. Avec le temps, ça peut déboucher sur de nouveaux apprentissages.

La forme que prend une telle confrontation dépend fortement du trouble anxieux en question et de la situation de chacun. Dans le cas de l’anxiété sociale, par exemple, les situations concernées sont différentes de celles d’une phobie spécifique ou d’un trouble panique. Les exercices d’exposition ne doivent donc pas être considérés comme une invitation générale à s’exposer le plus vite possible à ta plus grande peur. Ils sont préparés et conçus individuellement dans un cadre thérapeutique. Au final, le but n’est pas de ne plus jamais ressentir d’angoisse. Il s’agit plutôt de faire en sorte que l’angoisse perde son emprise – pour que tu puisses à nouveau prendre tes décisions en fonction de ce qui compte pour toi, plutôt qu’en fonction de ce que tu peux éviter.


3. Le rôle que peuvent jouer les médicaments 

En plus de la psychothérapie, les médicaments peuvent aussi être envisagés en cas de troubles anxieux. Leur pertinence dépend notamment du type et de la gravité des symptômes, des éventuelles maladies associées et de ta situation personnelle. Parmi les médicaments utilisés pour traiter divers troubles anxieux, on trouve certains antidépresseurs, notamment les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et, dans certains cas, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN). Bien qu’on les appelle antidépresseurs, ils sont aussi utilisés pour traiter certains troubles anxieux. Leur effet n’est généralement pas immédiat. Ça peut prendre un certain temps avant qu’une amélioration soit perceptible. Il faut aussi tenir compte des effets secondaires et des interactions possibles. Le choix, la posologie et la durée d’un traitement médicamenteux doivent donc être déterminés par un médecin.

Les tranquillisants de la famille des benzodiazépines peuvent certes réduire l’anxiété à court terme, mais ils posent problème pour un traitement à long terme, notamment en raison de leur risque de dépendance. C’est aussi pour cette raison qu’il ne faut jamais commencer, modifier ou arrêter de prendre des médicaments contre l’anxiété de ton propre chef. Il n’y a pas de réponse toute faite pour savoir si la psychothérapie seule ou une association avec des médicaments est la meilleure option. Le traitement doit plutôt être adapté à la pathologie en question et aux besoins de la personne concernée.


4. Ce que tu peux faire toi-même pour t’aider 

Même en dehors d’une thérapie, il existe des moyens de t’aider à mieux gérer ton anxiété. Ils ne remplacent pas un traitement professionnel en cas de trouble anxieux nécessitant une prise en charge, mais peuvent contribuer à réduire la tension physique et à stabiliser ton quotidien. Une activité physique régulière, par exemple, peut contrebalancer les longues périodes de tension intérieure. Un sommeil suffisant et des horaires quotidiens aussi réguliers que possible sont également importants, car la fatigue et le manque de sommeil peuvent contribuer à ce que les sources de stress soient perçues de manière plus intense. Les exercices de relaxation et de respiration peuvent aussi être utiles. Il ne s’agit pas tant de réprimer immédiatement chaque angoisse qui surgit. Ces méthodes peuvent plutôt t’aider à prendre conscience de ta tension physique et à développer une façon plus sereine de la gérer. Le fait d’échanger avec d’autres peut aussi te soulager. Les groupes d’entraide, par exemple, te permettent de partager tes expériences avec des personnes qui connaissent des angoisses similaires. En même temps, ça peut être utile d’expliquer à tes proches ce qui t’aide dans les situations stressantes – et ce qui a plutôt tendance à renforcer encore plus ton évitement.


Quand devrais-tu demander l’aide d’un professionnel en cas d’anxiété ?

Il n’est pas nécessaire que l’anxiété devienne insupportable pour qu’un accompagnement soit utile. Un signe important est plutôt lorsque les angoisses persistent sur une longue période, prennent de plus en plus de place ou font que ta vie quotidienne s’articule de plus en plus autour d’elles. Plus tôt ces schémas sont identifiés, plus vite on peut y remédier de manière ciblée.


1. Quand l’anxiété restreint de plus en plus ta vie 

Beaucoup de gens essaient d’abord de gérer leur anxiété tout seuls. Ça marche souvent bien pour les angoisses passagères. Ça devient plus difficile quand ton comportement change petit à petit : tu évites certains endroits, tu annules des invitations ou tu ne parviens à gérer les situations quotidiennes qu’au prix d’une grande tension. Même les inquiétudes persistantes peuvent devenir pesantes, même si tu ne souffres pas de crises de panique marquées. Si les pensées liées à des dangers potentiels ne te laissent plus aucun répit, si ton sommeil en pâtit ou si tu as de plus en plus de mal à te concentrer sur autre chose, il faut prendre ça au sérieux.


2. Où trouver de l’aide 

Le cabinet de ton médecin généraliste peut être un premier point de contact. Tu pourras y parler de tes symptômes et écarter d’éventuelles causes physiques. Selon la situation, un traitement complémentaire ou des examens complémentaires pourront ensuite être recommandés.

Une consultation psychothérapeutique permet aussi de mieux cerner les symptômes. Ensemble, on examine quelles sont les angoisses qui se manifestent, depuis quand elles existent et dans quelle mesure elles affectent le quotidien. Ça permet ensuite de déterminer quel type de soutien supplémentaire pourrait être utile.

En cas de troubles marqués ou complexes, les médecins spécialistes en psychiatrie et en psychothérapie, ainsi que les services ambulatoires ou les cliniques spécialisées, peuvent également être des interlocuteurs importants.

Le fait de chercher de l’aide ne signifie pas pour autant que l’anxiété doive déjà avoir atteint un certain niveau. Si tu remarques que tes inquiétudes, tes crises de panique ou ton évitement nuisent de plus en plus à ta qualité de vie, tu peux demander conseil même si tu ne sais pas encore exactement ce qui se cache derrière ces troubles. Au final, l’important n’est pas de tenir le coup tout seul face à l’anxiété le plus longtemps possible. Le but d’un traitement, c’est plutôt de retrouver plus de liberté au quotidien – pour que ce ne soit pas l’anxiété qui décide des endroits où tu vas, des gens que tu rencontres ou des choix que tu fais pour ta vie.

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