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Pourquoi j'ai tout le temps peur ? Quand c'est un trouble anxieux généralisé qui en est la cause

  • 16 Temps de lecture min.
Warum habe ich ständig Angst? Wenn eine generalisierte Angststörung dahintersteckt

Pourquoi j'ai tout le temps peur ?

La peur n'a pas toujours besoin d'un déclencheur évident. Parfois, un sentiment de tension et d'inquiétude persiste, même s'il n'y a pas de danger concret en vue. Il peut y avoir différentes causes à ça, allant d'un stress chronique à un trouble anxieux.


1. Quand l’angoisse ne semble pas avoir de déclencheur précis 

En fait, tout va bien pour l’instant. Et pourtant, ce sentiment désagréable persiste. Peut-être que dès le matin, au réveil, tu ressens une tension intérieure. Peut-être que tes pensées tournent autour de ce qui pourrait mal tourner au cours de la journée. Ou alors, tu as constamment l’impression de devoir te préparer à quelque chose, sans pouvoir dire exactement à quoi. C’est justement cette angoisse diffuse qui peut te déstabiliser. Quand l’angoisse est bien précise, on peut généralement en identifier la cause : quand tu as peur d’un examen, tu sais pourquoi ton cœur bat plus vite. En cas d’angoisse persistante, ce lien est souvent moins évident. Ça ne veut pas dire pour autant que cette angoisse est « sans raison » ou imaginaire. L’angoisse résulte de processus complexes dans le cerveau et le corps, et peut être influencée par de nombreux facteurs. Un stress persistant, des situations de vie difficiles, le manque de sommeil ou des troubles psychiques peuvent par exemple contribuer à ce que l’angoisse soit ressentie plus souvent ou plus intensément. Les maladies physiques, les médicaments ou certaines substances peuvent aussi déclencher ou aggraver des symptômes qui se traduisent par de l’angoisse et une agitation intérieure. C’est pourquoi il vaut mieux ne pas attribuer trop vite un diagnostic précis à une angoisse persistante. L’essentiel, c’est d’abord d’y regarder de plus près : quand cette angoisse se manifeste-t-elle ? Sur quoi tournent tes pensées ? Depuis combien de temps dure-t-elle – et dans quelle mesure influence-t-elle ton quotidien ?


2. Quand des soucis ponctuels deviennent un état permanent 

Les soucis font partie de la vie. Une discussion importante, des difficultés financières ou la santé d’un proche peuvent nous occuper l’esprit pendant un certain temps. Mais en général, le souci s’estompe quand la situation s’éclaircit ou que ton attention se porte sur autre chose. Chez certaines personnes, ça ne semble presque plus jamais arriver. À peine un souci est-il temporairement réglé qu’un autre surgit déjà. Aujourd’hui, c’est le boulot, demain la santé, et après, peut-être l’argent, la famille ou ton propre avenir. Les sujets changent, mais le sentiment de devoir s’inquiéter reste. Du coup, même les moments censés être calmes ne sont plus vécus comme reposants. Au lieu de ça, ton esprit commence à imaginer tous les scénarios possibles : « Et si j’avais fait une erreur ? Et s’il arrivait quelque chose à quelqu’un ? » Et si je perdais mon boulot ? Souvent, les personnes concernées savent très bien qu’elles se font beaucoup de soucis. Pourtant, ces inquiétudes ne s’arrêtent pas comme ça. Essayer de dissiper complètement une crainte mène parfois même à la question suivante. « Et si quelque chose arrivait ? » devient « Comment pourrais-je l’empêcher ? » – puis « Est-ce que j’ai vraiment pensé à tout ? ». Quand ces inquiétudes difficiles à contrôler persistent sur une longue période et touchent différents aspects de la vie, ça peut notamment cacher un trouble anxieux généralisé. Mais une anxiété constante ne suffit pas à elle seule pour poser ce diagnostic. Il faut qu’un professionnel vérifie, à l’aide d’autres critères, s’il s’agit bien d’un trouble anxieux.


3. Pourquoi l’angoisse se fait aussi sentir physiquement 

Souvent, l’angoisse persistante ne se limite pas aux pensées. Quand tu te sens constamment menacé ou tendu, tu peux aussi en ressentir les effets physiquement. En effet, l’angoisse prépare ton corps à un danger potentiel. Le système nerveux autonome s’active, ton rythme cardiaque et ta respiration peuvent changer, et tes muscles se contractent. À court terme, cette réaction est utile. Mais si cette tension intérieure revient sans cesse ou dure longtemps, elle peut devenir pénible à vivre. Les symptômes possibles sont par exemple des palpitations, des tremblements, des sueurs, des vertiges, des tensions musculaires ou des troubles gastro-intestinaux. Une agitation intérieure et des troubles du sommeil peuvent également apparaître. Les symptômes qui prédominent varient d’une personne à l’autre. Un cercle vicieux peut alors s’installer : un changement physique est perçu et provoque de l’angoisse. L’angoisse augmente à son tour la tension physique, ce qui rend le symptôme encore plus perceptible. Par exemple, si tu remarques que ton cœur bat plus vite, tu risques de t’en inquiéter – et c’est justement cette inquiétude qui peut accélérer encore davantage ton rythme cardiaque. Il est toutefois important de ne pas attribuer automatiquement les troubles physiques à l’anxiété. Les symptômes récents, intenses ou inhabituels, en particulier, doivent faire l’objet d’un examen médical. Cela vaut surtout pour des troubles comme une essoufflement prononcé ou des douleurs thoraciques, qui peuvent aussi avoir des causes physiques.


Quand peut-on parler de trouble anxieux généralisé ?

Le fait de s’inquiéter souvent ne signifie pas automatiquement que tu souffres d’un trouble anxieux généralisé. Ce qui est déterminant, c’est la persistance et la difficulté à contrôler ces inquiétudes, ainsi que leur impact sur ta vie quotidienne. Ce qui est surtout caractéristique, c’est que l’anxiété ne se limite pas à un seul sujet.


1. Bien plus que de simples « pensées en trop » 

Presque tout le monde connaît des périodes où les pensées ne s’arrêtent pas. Avant des décisions importantes ou dans des situations de vie stressantes, il peut être tout à fait normal de s’inquiéter pendant plusieurs jours, voire plus longtemps. Mais un trouble anxieux généralisé, c’est bien plus que de simples ruminations occasionnelles. Il se caractérise par des angoisses et des inquiétudes persistantes et excessives, qui peuvent concerner différents domaines de la vie. Tantôt c’est ta santé qui est au centre de tes préoccupations, tantôt c’est ta famille, ton boulot, des questions d’argent ou l’avenir. Et il n’est pas nécessaire qu’il y ait des problèmes exceptionnels. Même des situations quotidiennes peuvent devenir le point de départ d’inquiétudes intenses. Une petite erreur au boulot peut par exemple déclencher la crainte d’échouer professionnellement. Si un proche ne donne pas de nouvelles pendant quelques heures, tu peux tout de suite te mettre à penser qu’il lui est peut-être arrivé quelque chose. Une douleur physique, quant à elle, peut déclencher toute une série d’inquiétudes concernant ta propre santé. La différence essentielle par rapport aux soucis normaux ne réside donc pas dans ce qui te préoccupe. Beaucoup de sujets sont les mêmes que ceux qui préoccupent les personnes qui ne souffrent pas de troubles anxieux. Ce qui est frappant, c’est plutôt l’intensité, la durée et la difficulté à te débarrasser de ces soucis.


2. Quand les inquiétudes deviennent difficiles à contrôler 

« Ne te prends pas la tête » : à première vue, ça a l’air d’un conseil tout simple. Mais quand on souffre d’un trouble anxieux généralisé, c’est souvent difficile à mettre en pratique. Beaucoup de personnes concernées se rendent bien compte que leurs inquiétudes prennent une place énorme dans leur vie. Pourtant, elles ont beaucoup de mal à mettre consciemment fin à ce flot de pensées.  Ça peut devenir particulièrement épuisant, car une inquiétude en entraîne souvent une autre. Une fois qu’un danger potentiel a été envisagé dans ta tête, une nouvelle incertitude surgit. Même une réponse rassurante n’apporte alors qu’un soulagement temporaire. Derrière ça, il y a peut-être la tentative de se créer un maximum de sécurité en réfléchissant. Quand tu anticipes tous les scénarios possibles, tu te sens peut-être mieux préparé. Le problème : la sécurité totale est pratiquement impossible à atteindre au quotidien. Il reste presque toujours un « Et si… ? ». Du coup, les soucis peuvent prendre de plus en plus de place. Tu as du mal à déconnecter, tu remets sans cesse tes décisions en question et même dans des situations censées être détendues, tu continues à chercher mentalement des problèmes potentiels. Dans le cas d’un trouble anxieux généralisé, ces peurs et ces inquiétudes persistent sur une longue période. Pour le diagnostic chez les adultes, les critères courants prévoient une durée d’au moins six mois. Mais cette durée à elle seule ne suffit pas pour établir le diagnostic. C’est le tableau global des symptômes qui est déterminant.


3. Quels symptômes peuvent apparaître ? 

Les inquiétudes constantes sont certes une caractéristique centrale du trouble anxieux généralisé, mais elles ne constituent souvent pas la seule source de souffrance. Quand tu passes sans cesse en revue dans ta tête des dangers potentiels, tu peux aussi te retrouver dans un état de tension physique permanente. Parmi les symptômes typiques, on peut citer par exemple l’agitation intérieure, la fatigue rapide, les difficultés de concentration, l’irritabilité, la tension musculaire et les troubles du sommeil. Certaines personnes touchées décrivent la sensation d’être constamment « sous tension ». D’autres remarquent surtout qu’elles n’arrivent pas à se détendre le soir malgré la fatigue, car leurs pensées continuent de tourner en boucle. Ce sont justement ces symptômes associés qui peuvent faire que le stress s’intensifie avec le temps. Quand tu dors mal, tu te sens plus épuisé le lendemain. Ta concentration et ta résistance peuvent baisser, les tâches quotidiennes deviennent plus pénibles – ce qui peut à son tour faire naître de nouvelles inquiétudes. Mais toutes les personnes souffrant d’un trouble anxieux généralisé ne présentent pas forcément les mêmes symptômes. De même, les troubles du sommeil, l’agitation intérieure ou les difficultés de concentration ne sont pas, en soi, la preuve d’un trouble anxieux. Ils peuvent avoir plein d’autres causes.


4. Comment diagnostiquer un trouble anxieux généralisé

Un trouble anxieux généralisé ne peut pas être diagnostiqué à l’aide d’un seul test. Pour poser le diagnostic, un entretien approfondi est essentiel. Il s’agit notamment de déterminer quelles sont les angoisses et les inquiétudes présentes, depuis combien de temps elles existent, dans quelle mesure elles peuvent être maîtrisées et dans quelle mesure elles perturbent la vie quotidienne. Il est tout aussi important de distinguer ce trouble d’autres causes possibles. Une anxiété constante et une agitation physique peuvent, par exemple, être liées à d’autres troubles psychiques. De plus, des maladies physiques, des médicaments ou certaines substances peuvent provoquer ou aggraver des symptômes qui ressemblent à ceux d’un trouble anxieux. La nature de l’anxiété joue aussi un rôle. Des crises de panique récurrentes et soudaines, par exemple, indiquent un tableau clinique différent de celui d’inquiétudes persistantes concernant de nombreux aspects de la vie. Les angoisses qui surviennent principalement dans des situations sociales doivent quant à elles être classées différemment. C’est exactement pour ça qu’un diagnostic ne doit pas être posé sur la base de symptômes isolés ou d’un auto-test en ligne. Une évaluation professionnelle prend en compte les symptômes dans leur ensemble – et jette ainsi les bases pour trouver un traitement adapté.


Pourquoi l’anxiété constante peut-elle s’autoalimenter ?

L’anxiété peut créer un cercle vicieux qui s’autoalimente de plus en plus. Les pensées, la tension physique et le besoin de sécurité s’influencent mutuellement. Ce qui te calme à court terme peut même, à long terme, contribuer à ce que l’anxiété revienne sans cesse.


1. Quand les symptômes physiques font eux-mêmes peur 

L’anxiété déclenche des réactions physiques. En même temps, ces réactions peuvent à leur tour devenir le déclencheur de nouvelles angoisses. Ça arrive surtout quand on observe très attentivement les changements physiques ou qu’on les interprète comme le signe d’un danger potentiel. Une accélération du rythme cardiaque en est un exemple typique. Quand tu remarques que ton cœur bat soudain plus fort, tu te demandes peut-être tout de suite : « Pourquoi ça arrive ? Est-ce que j’ai un problème ? » Cette inquiétude augmente la tension intérieure, le rythme cardiaque peut continuer à s’accélérer – et semble ainsi confirmer la crainte initiale. Il peut en aller de même avec des vertiges, une sensation d’oppression, des maux d’estomac ou une respiration modifiée. Plus l’attention est focalisée sur le corps, plus même les petits changements peuvent être perçus clairement. S’ils sont ensuite considérés comme menaçants, l’angoisse remonte. Ça ne veut pas dire que les symptômes physiques ne sont « que dans ta tête ». Ces troubles peuvent très bien être réels. Ce qui est déterminant, c’est plutôt que la réaction physique et l’interprétation anxieuse peuvent se renforcer mutuellement. C’est justement pour ça qu’il est important de consulter un médecin en cas de symptômes nouveaux ou inhabituels. Une fois les causes physiques écartées, ça peut être utile d’examiner avec des professionnels quel rôle jouent l’anxiété et l’interprétation des sensations physiques.


2. Quand les soucis en engendrent toujours de nouveaux 

Un cercle vicieux similaire peut aussi s’installer au niveau mental. Les soucis donnent parfois l’impression de se préparer à d’éventuelles difficultés. Quand tu repenses sans cesse à un problème, tu espères peut-être trouver un jour LA réponse qui t’apportera une certitude définitive. Mais c’est justement cette certitude qu’on ne peut pas obtenir pour beaucoup de questions. Personne ne peut savoir avec une certitude absolue s’il sera en bonne santé dans quelques années, comment évoluera sa situation professionnelle ou si rien n’arrivera jamais à un proche. Si tu essaies quand même d’éliminer mentalement chaque incertitude, tes inquiétudes ne trouveront guère de fin naturelle. Une question en entraîne alors rapidement une autre : « Et si j’avais oublié quelque chose ? Est-ce que j’ai vraiment pensé à tout ? Et si les choses se passaient différemment ? » À court terme, trouver une explication peut te rassurer. Mais dès qu’une nouvelle incertitude surgit, les réflexions recommencent. Ton attention reste ainsi fortement focalisée sur les risques potentiels et les évolutions négatives. Dans le cas d’un trouble anxieux généralisé, c’est justement cette façon de gérer l’incertitude qui peut jouer un rôle important. L’objectif n’est donc pas de trouver une réponse parfaite à chaque inquiétude. En thérapie, on peut plutôt travailler à mieux supporter l’incertitude et à aborder les inquiétudes différemment.


3. Pourquoi la recherche de confirmation et l’évitement peuvent entretenir l’angoisse 

Quand l’angoisse s’installe, le besoin de sécurité est tout à fait compréhensible. Certaines personnes demandent donc sans cesse leur avis à leurs proches, vérifient certaines choses plusieurs fois ou cherchent des infos sur Internet jusqu’à ce qu’elles se sentent rassurées. D’autres évitent les situations qui, selon elles, pourraient déclencher de nouvelles inquiétudes ou de l’angoisse. Le problème, c’est que, à court terme, ces stratégies fonctionnent souvent vraiment. Une réponse rassurante, une nouvelle vérification ou le fait d’éviter une situation peut d’abord réduire l’angoisse. Mais c’est justement ce soulagement qui peut te pousser à reproduire ce comportement la prochaine fois. Ça rend plus difficile de développer ta confiance en toi pour supporter l’incertitude même sans contrôle ni réassurance. C’est pareil avec l’évitement. Quand tu évites une situation qui te fait peur, tu ne sais pas comment ça se serait vraiment passé. Du coup, l’idée que quelque chose de grave aurait pu arriver reste présente. Ça ne veut pas dire que chaque demande de réassurance ou chaque situation évitée est un problème. Ce qui compte, c’est le schéma qui se cache derrière. Si on a besoin de plus en plus de sécurité, si les vérifications deviennent plus fréquentes ou si le quotidien s’organise de plus en plus en fonction de peurs potentielles, ce comportement peut lui-même faire partie du cercle vicieux de l’anxiété. C’est exactement là qu’intervient un traitement psychothérapeutique : non pas en éliminant toute incertitude, mais en aidant les personnes concernées à apprendre à gérer différemment leurs inquiétudes, leur anxiété et leur besoin de sécurité totale.


Le cercle vicieux de l’angoisse


Que faire quand l’angoisse ne s’arrête pas ?

En général, on ne parvient pas à mettre fin à une angoisse constante simplement en essayant de moins réfléchir. Il est plus utile de comprendre ses propres schémas d’angoisse et d’inquiétude et de les modifier de manière ciblée. En cas de trouble anxieux généralisé, il existe des options thérapeutiques efficaces.


1. Mieux comprendre tes propres schémas d’angoisse 

Souvent, on a l’impression que l’angoisse surgit d’un coup. Mais en y regardant de plus près, on reconnaît souvent des schémas récurrents. Certaines pensées, situations ou sensations physiques déclenchent des inquiétudes – qui entraînent à leur tour des réactions bien précises. Ça peut donc être utile de prêter attention non seulement à ce qui te fait peur, mais aussi à ce qui se passe ensuite. Est-ce qu’on cherche tout de suite une solution ? Est-ce qu’on demande à d’autres personnes de te rassurer ? Est-ce qu’on fait des recherches sur Internet ou est-ce qu’on préfère éviter la situation ? Surtout quand on s’inquiète sans arrêt, il est aussi intéressant de se demander quel rôle jouent ces pensées. Certaines personnes ont par exemple l’impression d’être mieux préparées grâce à leurs inquiétudes. La pensée « Si j’envisage toutes les possibilités, rien ne pourra me surprendre » te donne un sentiment de contrôle à court terme. Le problème, c’est que beaucoup d’incertitudes de la vie ne peuvent pas être complètement dissipées. Essayer malgré tout d’instaurer une sécurité absolue peut donc devenir en soi une partie du cercle vicieux de l’inquiétude. Reconnaître ses propres schémas, ça ne veut pas dire se reprocher d’avoir peur. Ça permet plutôt de mieux comprendre ce qui alimente et entretient cette peur encore et encore.


2. Comment la psychothérapie peut aider en cas d’angoisse chronique 

Il ne s’agit pas simplement de remplacer les pensées négatives par des pensées positives. Ensemble, on examine plutôt comment les inquiétudes apparaissent, quelles évaluations se cachent derrière elles et quelles stratégies les personnes concernées ont utilisées jusqu’à présent pour essayer de contrôler leur angoisse. La gestion de l’incertitude peut par exemple constituer un point de départ important. Quand tu essaies constamment d’exclure tous les risques imaginables, tu risques de percevoir de plus en plus l’incertitude comme quelque chose de menaçant. En thérapie, on peut donc apprendre petit à petit qu’il n’est pas nécessaire de répondre immédiatement à chaque question en suspens ni de contrôler chaque risque potentiel. Des comportements typiques, comme le fait de se rassurer sans arrêt ou l’évitement, peuvent aussi être examinés et modifiés. Ça permet de vivre de nouvelles expériences : on peut supporter l’incertitude sans y penser pendant des heures – et une situation redoutée peut se dérouler autrement que prévu. Les méthodes utilisées dépendent des symptômes de chacun. Le but n’est pas de faire en sorte qu’une personne ne ressente plus jamais d’angoisse ou d’inquiétude. Il s’agit plutôt de lui permettre à nouveau de gérer l’incertitude sans que l’angoisse ne domine son quotidien.


3. Le rôle que peuvent jouer les médicaments 

En cas de trouble anxieux généralisé, on peut recourir à des médicaments en complément d’une psychothérapie. La pertinence d’un traitement médicamenteux dépend notamment de l’intensité des symptômes, d’éventuelles maladies associées et de ta situation personnelle. On utilise par exemple certains antidépresseurs comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ou les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN). Leur effet anxiolytique ne se manifeste pas immédiatement après la première prise, mais s’installe généralement sur une période plus longue. Comme les médicaments peuvent entraîner des effets secondaires et des interactions, le choix, la posologie et la durée du traitement doivent toujours être déterminés par un médecin. Ça vaut aussi pour l’arrêt du traitement : il ne faut pas modifier ou arrêter un traitement en cours de ton propre chef.


4. Ce qui peut t'aider au quotidien 

En plus d’un traitement professionnel, certaines habitudes peuvent contribuer à réduire le stress général. Elles ne traitent pas à elles seules un trouble anxieux, mais peuvent créer un cadre plus stable. Faire régulièrement de l’exercice peut par exemple aider à relâcher la tension physique. Il est tout aussi important de se reposer suffisamment. Surtout quand les soucis s’étendent jusque dans la soirée, le sommeil peut devenir un problème supplémentaire. Des horaires de coucher fixes et des routines du soir aussi calmes que possible peuvent t’aider à retrouver plus de régularité. Les exercices de relaxation ou de respiration peuvent aussi aider certaines personnes à prendre davantage conscience de leur tension physique. Il ne faut cependant pas avoir l’impression de devoir « expirer » immédiatement chaque angoisse. L’angoisse a le droit d’être là, dans un premier temps. Ce qui compte surtout, c’est de développer une autre façon de la gérer.

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